May 11, 2008
May 6, 2008
March 13, 2008
secret
I found this bizarre sign on an underground entrance in the middle of Jarry Park, in Montreal. What does it mean? “Don’t use your bike when entering the secret tunnels under the park”?
It’s surprising, it’s mysterious, it’s absurd.
My first idea was to post this picture and ask urban explorers to explain this mystery. But later in the day I found this quote in an article from Jonathan Jones in The Guardian:
I like to be mystified and that’s why I like art. I know that if I went to the National Gallery every day I would still never fully understand Cézanne or Piero della Francesca, because when you encounter great art, knowledge becomes mere background information.
This entrance and its sign made me think about secret entrances, about the possibility of the extraordinary in an ordinary place, about the use of bicycles in underground tunnels, about the inability of the simplest signs to convey a transparent meaning. It’s found art. Not the picture, but the idea: the way I look at it, the way it made me think of strange possibilities, the way it changed my perception of my surroundings.
But as soon as somebody will explain why there is a “no bike” sign on this trapdoor, it will no longer be funny, it will no longer be strange, it will no longer be found art. It will become “background information”. I will lose my mystery and my smile. So if you know the logical reason why there is such a sign here, please don’t tell me.
J’ai trouvé ce panneau qui semble égaré sur une entrée souterraine au milieu du Parc Jarry, à Montréal. Qu’est-ce que ça veut dire? “Interdit d’entrer en vélo dans le passage secret sous le parc”?
C’est intriguant, c’est mystérieux, c’est absurde.
Ma première idée était de poster cette photo et de contacter des explorateurs urbains pour leur demander de m’aider à éclaircir ce mystère. Mais un peu plus tard le même jour je suis tombé sur cette phrase dans le blog de Jonathan Jones dans The Guardian:
J’aime être mystifié et c’est pourquoi j’aime l’art. Je sais que même si j’allais tous les jours à la National Gallery je ne comprendrais jamais tout à fait Cézanne ou Pierro della Francesca, parce que quand on est confronté à du grand art, le savoir n’est plus que de l’information de base.
Cette entrée m’a fait penser à des passages secrets, à la possibilité de l’extraordinaire dans un lieu ordinaire, à l’utilité des vélos dans les tunnels souterrains, à l’incapacité que les signaux les plus simples ont parfois à transmettre un sens clair. C’est de l’art du hasard. Pas la photo, mais l’idée: le regard que j’ai porté sur ce panneau, les étranges possibilités qu’il m’a fait imaginer, la façon dont il a changé la perception de ce qui m’entoure.
Mais dès que quelqu’un va m’expliquer pourquoi il y a un panneau “Interdit aux vélos” sur cette trappe, ce ne sera plus drôle, ce ne sera plus étrange, ce ne sera plus de l’art du hasard. Ce sera de “l’information de base”. Je vais perdre mon mystère et mon sourire. Donc si vous connaissez l’explication logique à la présence de ce panneau, merci de ne pas me la dire.
October 21, 2007
Stabile Mobile
Je n’avais pas prévu de parler ici de L’Homme de Calder, mais je l’ai visité la semaine dernière et hier le billet de Michel Leblanc m’a rappelé la controverse sur le déménagement de la sculpture.
I hadn’t planned to talk here about Calder’s Man, but I have visited it last week and yesterday Michel Leblanc’s post has reminded me the controversy about moving the sculpture.
Tous ceux qui disent qu’on peut voir la sculpture de Montréal ne réalisent pas que l’essence de cette oeuvre est qu’on peut - qu’on doit - y entrer et promener son regard sur les espaces qu’elle définit de l’intérieur.
People who say that it’s enough to look at the sculpture from the Montreal side don’t realize that it’s essential to enter into this work and to look at the spaces that it delineates from inside.
De toutes façons cette oeuvre est toujours prête à marcher: rarement des tonnes d’acier ont-elles exprimé autant de légèreté et de sensualité musculaires.
Anyway, this work is always ready to walk away: tons of steel have rarely shown a musculature so light and sensuous.
October 1, 2007
I like to watch - J’aime voir
In my Montreal neighborhood, I have taken hundreds of pictures of the stencil works of the artist who signs MOR. His work has been - and still is - the highlight of my walks in Plateau Mont-Royal back alleys. I have never met him but he has commented my pictures on flickr. I have not found a way to order clearly the 800 pictures or so I have posted (more are coming) on flickr, so I have decided to post a few of them here from time to time, ordered by tags.
It is fitting to begin this visual blog with images of his cameras. I know MOR is revolted by the possibility of a police state that spies on us everywhere. He is a freedom activist. But his camera also symbolizes for me the fact that we see too, what happens everywhere. The state may watch us but we can watch the state. And, mainly, we can watch so much more than the state. MOR, as a political artist, tells us that he wants to contribute to our vigilance. But as the great artist that I think he is, he contributes to make us aware of beauty in the most surprising places and about the most unexpected topics.
From the cameras series stencilled by MOR.
Extraits de la série “cameras” de MOR.
Dans mon quartier, à Montréal, j’ai pris des centaines de photos des pochoirs de l’artiste qui signe MOR. La découverte de ses oeuvres a été - et est encore - pour moi un des grands plaisirs de mes explorations des ruelles du Plateau Mont-Royal. Je ne l’ai jamais rencontré, mais il a commenté mes photos sur flickr. Je n’ai pas encore trouvé la bonne façon de présenter les (environ) 800 images que j’ai postées sur flickr (d’autres vont s’y ajouter), donc j’ai décidé d’en poster ici de temps en temps, rangées par thèmes.
Je ne pouvais mieux choisir pour commencer ce blog visuel que des images des caméras de MOR. Je sais qu’il est révolté par la perspective d’un état policier qui observerait nos moindres gestes. Il est un militant de la liberté. Mais ses caméras symbolisent également pour moi que nous aussi, nous voyons désormais ce qui se passe partout. Peut-être que l’état nous regarde, mais nous pouvons tout autant voir ce que fait l’état. Et surtout, nous pouvons voir tellement plus que l’état. L’artiste politique MOR nous dit qu’il veut contribuer à nous rendre vigilants. Mais, comme le grand artiste qu’il est, il contribue à nous rendre attentifs à la beauté dans les endroits les plus surprenants et à propos de sujets les plus inattendus.













































